La famille : première école de l’amour et de la paix
50e Partage scriptural francophone, le dimanche 23 novembre 2025, de 15 à 16h30
35 personnes ont assisté en présentiel au partage sur le thème « la famille : première école de l’amour et de la paix », à l’Espace Hirondelle d’Orsay. Le modérateur était M. David PERRY, président de la Fédération Française des Familles pour la Paix.
Plus de 30 personnes de 10 pays différents (Autriche, Belgique, Cameroun, Espagne, France, Luxembourg, RDC, Royaume uni, Suisse, USA) ont participé en visio-conférence simultanée.
Mme Tirzi MARTIN, diplômée du séminaire théologique à New York, auteure de « Communications avec le Ciel », a d’abord apporté l’éclairage du judaïsme sur le thème.
Elle a présenté la vision juive de la famille, centrale et sacrée dans la tradition. La famille a été décrite comme le premier lieu où se vivent les fêtes, le shabbat, l’amour et l’apprentissage spirituel. Elle est considérée comme un « sanctuaire de paix », un espace où chacun apprend à reconnaître en l’autre une étincelle divine, à aimer sans condition et à pardonner malgré les imperfections.
S’appuyant sur des textes bibliques et des commentaires traditionnels, Mme MARTIN a rappelé que l’être humain n’est pas fait pour être seul et que la transmission des valeurs — notamment l’amour de Dieu — se fait avant tout au sein du foyer. Elle a évoqué également la notion de shalom bayit (paix du foyer), indispensable à l’harmonie familiale, et a souligné que favoriser la paix dans la famille est considéré, dans le Midrash, comme un acte ayant une portée cosmique.
Elle a abordé enfin le rôle essentiel de la communauté, inséparable de la famille dans la tradition juive. La communauté soutient les familles dans les moments heureux ou difficiles, offre un cadre d’étude et de prière, et contribue au sentiment d’appartenance et de solidarité.
En conclusion, famille et communauté forment un tout qui permet de faire vivre, transmettre et incarner les valeurs spirituelles du judaïsme.
Ensuite, nous avons entendu un point de vue de l’islam sur le thème. M. le Recteur Khalil MERROUN, fondateur de la grande mosquée d’Evry-Courcouronnes a exprimé d’emblée sa joie d’être présent et son attachement fraternel aux personnes réunies. Il a fondé son propos sur plusieurs versets du Coran, rappelant que tous les êtres humains partagent une origine commune et que la diversité des peuples a pour but la connaissance mutuelle, non le conflit. Pour lui, la vraie noblesse réside dans la piété du cœur, siège de l’amour.
Il a insisté sur la place centrale de la famille dans l’islam (sourate 30 Ar-Rum, verset 21) : Dieu y a instauré affection, tendresse et miséricorde. Le mariage est présenté comme un lien sacré destiné à durer, y compris symboliquement « au-delà de la mort ». Le divorce, bien que permis, est vu comme une déchirure de cette harmonie voulue par Dieu.
Le recteur a aussi évoqué la figure de Marie, honorée en islam, et le miracle de la naissance de Jésus (sourate 19 Maryam, versets 16 à 23). Il a rappelé que la foi musulmane implique de reconnaître tous les prophètes, sans distinction, ce qui inclut Jacob (Israël). Il a déploré ainsi certaines paroles hostiles prononcées par ignorance.
Les divisions familiales et sociales sont, selon lui, souvent la conséquence de l’influence de Satan, présenté dans le Coran comme l’ennemi de l’homme. Les humains, eux, doivent se percevoir comme frères et sœurs, proches les uns des autres, et cultiver la confiance plutôt que la méfiance.
Enfin, il a témoigné de sa propre vie conjugale, marquée par la patience, la tendresse et le respect des différences, valeurs qui permettent de construire une vie familiale solide.
L’animateur a annoncé une pause musicale, soulignant que la culture nourrit aussi le cœur. Le chant choisi était un chant chrétien, “Qu’il est formidable d’aimer”, écrit par Jean-Claude Gianadda et interprété par Lola Sterlann https://lolasterlann.bandcamp.com/ , chanteuse qui avait participé à The Voice en 2016 avec GAROU comme coach.
Enfin, M. Axel HUARD, père de quatre enfants et membre de la communauté unificationniste, a présenté la vision de sa tradition sur la famille. Il a commencé par citer les enseignements des fondateurs du mouvement unificationniste, qui identifient quatre formes d’amour : l’amour parental, l’amour fraternel, l’amour conjugal et l’amour filial. La famille est décrite comme l’école de l’amour vrai, le lieu où l’être humain apprend à développer progressivement ces différentes dimensions du cœur.
Il a rappelé que, selon le « Principe divin », texte fondateur de sa tradition, Dieu a créé l’humanité pour vivre en partenariat d’amour avec Lui. Les trois bénédictions de la Genèse — accomplissement personnel, fondation d’une famille et maîtrise aimante de la création — orientent les êtres humains vers la réalisation du rêve divin : un monde harmonieux et centré sur Dieu.
Il a développé ensuite le rôle de la famille comme lieu de croissance du cœur :
- Dans l’amour filial, l’enfant apprend la gratitude ;
- Dans l’amour fraternel, il découvre le partage et l’équilibre ;
- Dans l’amour conjugal, le couple apprend l’unité profonde et la construction d’un projet commun ;
- Dans l’amour parental, enfin, se manifeste l’amour le plus proche de celui de Dieu, inconditionnel et don total.
La famille a aussi été décrite comme la cellule de base de la paix. Une personne en paix peut bâtir une famille en paix, laquelle peut construire des communautés, puis des nations paisibles. Dans cette vision, toute l’humanité est une grande famille ayant Dieu pour Parent ; les nations devraient donc s’entraider comme des frères et sœurs de différents âges.
Il a conclu en annonçant ses rencontres mensuelles en ligne, les « DP Talks », consacrées à des principes universels, dont le prochain portera sur le pardon.
La réunion s’est terminée par une séance de questions-réponses, animée depuis Orsay par le Dr Laurent LADOUCE, chercheur pour la Fédération pour la paix universelle et directeur du site web www.culture-et-paix.org, et par quelques remarques de M. Jean-François MOULINET, coordinateur de Dialogue & Alliance qui a annoncé que le prochain partage aurait lieu le dimanche 18 janvier 2026 à l’Espace Barrault, 98 rue Barrault, 75013 Paris, sur le thème : « ALTRUISME : Vivre les uns pour les autres est le meilleur moyen de réconcilier la famille humaine divisée ».
Les participants ont ensuite pris un rafraîchissement tout en poursuivant leurs discussions.
